Réforme foncière à Matadi : Réunion d’information
Matadi, le 13 juin – Une étape historique a été franchie ce jeudi à Matadi, chef-lieu du Kongo Central, dans le Sud-Ouest de la République démocratique du Congo. Sous les auspices de la Commission nationale de la réforme foncière (CONAREF) et avec l’appui du Projet d’Appui aux Droits Fonciers Communautaires, une grande réunion d’information et de mobilisation a officiellement lancé l’expérimentation du Système d’Information Foncière (SIF). Cet outil, au cœur de la réforme foncière en cours, vise à révolutionner la reconnaissance et la sécurisation des droits des communautés sur leurs terres ancestrales.
Après les cérémonies protocolaires d’usage, Monsieur Trésor Itamba, Directeur exécutif du CTIDD, a détaillé l’ambition de cette initiative pilote. Le SIF est conçu comme le mécanisme central pour octroyer des attestations d’occupation coutumière. « Nous sommes en train de réaliser un projet sur l’expérimentation du SIF, l’outil qui prévoit que nous puissions octroyer des attestations d’occupation coutumière, un document qui atteste que les communautés ont des droits coutumiers sur les terres », a-t-il expliqué.
Les objectifs clés : Sécuriser, apaiser et développer
Ce projet expérimental se concentrera dans un premier temps sur les trois groupements du secteur Bundi, dans le territoire de Seke-Banza. Sa mission est plurielle et structurante :
- Sécuriser juridiquement les droits fonciers coutumiers via des attestations officielles.
- Élaborer des Plans Simples d’Aménagement du Territoire (PSAT) pour une gestion organisée des espaces.
- Renforcer la gouvernance foncière locale.
- Réduire les conflits fonciers, souvent sources de longs contentieux judiciaires.
- Promouvoir un développement local durable et apaisé.
M. Itamba a particulièrement insisté sur la dimension pacificatrice du projet. En clarifiant les limites et en reconnaissant officiellement les droits, le SIF « permettra de limiter les litiges habituellement portés devant les cours et tribunaux » et contribuera à préserver l’ancrage historique des communautés.
Une réforme foncière inclusive et multisectorielle
La cérémonie visait également à fédérer l’ensemble des acteurs institutionnels. Raphaël Kasongo, délégué de la CONAREF, a salué la qualité « très fructueuse » des échanges. Il a rappelé que la réforme foncière en cours se veut participative, inclusive et intégrée, dépassant le seul cadre des Affaires Foncières pour englober des secteurs vitaux :
- L’Aménagement du Territoire
- L’Agriculture
- L’Environnement et les Forêts
- Le Développement Rural
Cette approche holistique a été concrétisée par la composition de l’assistance, rassemblant des cadres des ministères provinciaux concernés, des services étatiques et des organisations de la société civile.
Une procédure rigoureuse et participative
L’octroi des attestations ne sera pas un acte administratif simple. Il suivra un processus méticuleux incluant une consultation approfondie des communautés et des techniques de cartographie participative. Cette méthode garantit que les droits reconnus correspondent fidèlement aux réalités et aux traditions locales.
Le lancement à Matadi marque ainsi le début d’une phase opérationnelle cruciale. Si l’expérimentation dans le secteur Bundi s’avère concluante, elle pourrait servir de modèle pour une généralisation à l’échelle nationale, offrant enfin aux communautés congolaises un cadre légal robuste pour protéger leur patrimoine foncier et bâtir un avenir serein sur leurs terres.
voir aussi sur https://acp.cd/province/kongo-central-lancement-du-projet-dappui-aux-droits-fonciers-communautaires-a-matadi/






