Structuration des communautés : les fondements d’une
Dans le cadre du projet d’Appui aux droits fonciers communautaires à travers le système d’information foncière (SIF) pour l’amélioration des moyens de subsistance et le climat dans les 3 groupements du secteur Bundi, territoire de Seke-Banza, province du kongo Central. Une activité stratégique a été menée : la structuration et la formation des communautés locales de six villages par l’équipe du CTIDD.
Cette activité entre dans une vision d’améliorer la productivité des activités agricoles de 200 ménages (environ 1 400 personnes) dans six communautés cibles, en renforçant l’accès aux intrants et aux outils aratoires. Les villages bénéficiaires sont : Kinzambi, Bota, Kikenge 1, Kibunzi, Kinyala 1 et Kisevolo 2. Parmi eux, trois villages (Kinyala 1, Kisevolo 2 et Kibunzi) ont fait l’objet d’une structuration en association locale. Les trois autres, qui abritent déjà des Comités locaux de développement (CLD), ont vu leurs capacités renforcées par l’intégration de nouvelles orientations concernant les prochaines activités agricoles.
Identification des ménages bénéficiaires
L’équipe du projet a également procédé à l’identification des ménages bénéficiaires des intrants et des semences agricoles dans ces six villages. Cette opération a été réalisée à l’aide de l’outil KoboCollect par le point focal Mme Merveille Umba, permettant l’enregistrement systématique de chaque bénéficiaire. Ces derniers constituent ainsi la première étape du processus de structuration des communautés en associations locales.
La structuration des communautés pour un bon suivi
Avant même d’envisager rendements et commercialisation, toute communauté agricole qui aspire au progrès doit se doter d’une structure solide. Le passage d’un groupe informel à une association ou une coopérative est très important dans le cadre de ce projet. C’est le message rappelé par l’ingénieur Audry Mbala à des communautés pourtant expérimentées, qui pratiquent depuis des décennies diverses spéculations agricoles.
L’association locale a porté la dénomination du village dans le village sans le CLD (Comité locale de développement), tandis que là où un CLD était installé, son nom a été conservé. L’objectif est d’organiser et de pérenniser l’entraide villageoise en s’appuyant sur les pratiques existantes. Le siège social est installé dans le village, auprès du chef de village (ou du CLD). Sa durée est indéterminée, car le projet souhaite que la dynamique se poursuive et que la communauté s’approprie pleinement l’outil associatif.
Questions fréquentes des communautés
« Que vont gagner les personnes désignées ou élues ? »
L’équipe du projet a clarifié : « Nous vous structurons en associations car vous possédez déjà un système d’entraide appelé Kibundu. Ce système consiste à travailler dans le champ d’une autre personne ; en retour, celle-ci viendra travailler dans le vôtre. Si une personne a sarclé un piquet (10 m x 10 m) chez vous, vous êtes tenu d’en faire autant chez elle. C’est sur cette base d’entraide que vous allez vous organiser, mais de façon structurée. L’association repose sur le bénévolat : personne ne sera rémunéré. »
« Qu’allons-nous faire des produits récoltés à partir des semences reçues ? »
Les semences distribuées proviennent du diagnostic participatif réalisé en octobre 2025, lors des activités de validation des moyens de subsistance. Elles seront remises en septembre 2026, en prévision de la saison culturale A.
« Les récoltes vous appartiennent. Vous les utiliserez pour vos besoins alimentaires et commerciaux, comme à l’accoutumée. Le projet souhaite simplement constater une amélioration de vos moyens de subsistance et de votre sécurité alimentaire. Une équipe de cinq responsables (les dirigeants de l’association) assurera le suivi, en lien avec le point focal du CTIDD à Seke-Banza. Ils recueilleront des informations sur l’évolution des cultures, les difficultés rencontrées, les quantités récoltées (bananes, arachides, maïs, piments, amarantes, etc.) afin de mesurer l’augmentation de la production. Les dirigeants veilleront également à la distribution équitable des semences et des outils aratoires. »
Bonnes associations culturales : un savoir-faire à revisiter
Sur le terrain, la structuration s’est accompagner de bonnes pratiques agronomiques. L’ingénieur Audry Mbala a insisté sur quelques associations particulièrement efficaces.
Associations recommandées : Maïs + arachides, Bananier + légumineuses (arachides, haricots). Associations à éviter : Manioc + maïs, Banane + maïs et haricots + manioc/maïs : le maïs est très compétitif et nuit au développement des jeunes bananiers et des autres cultures.
Conseils pour certaines cultures : pour l’amaranthe : à planter en pépinière ou en semis à la volée, en bordure de champ ou en plates-bandes. Cependant pour les piments : semis en pépinière puis transplantation en poquets.
Agroforesterie : des pratiques anciennes, des clarifications utiles
L’agroforesterie identifiés dans les villages est de type sylvo-bananier qui est un système de culture durable qui associe le bananier (plantain ou de table) à des arbres forestiers ou fruitiers, créant une structure multicouche. Leur agroforesterie repose sur des bonnes pratiques simples, bien structurées, et traditionnellement ancrées dans les villages. Cependant, l’ingénieur Audry Mbala a apporté quelques rappels sur le choix de l’association et de la disposition, la préparation du sol, la Gestion de la fertilité et de la matière organique, la Gestion des mauvaises herbes et de l’eau ainsi que les Rotations et diversification des cultures.
En associant une structuration solide à des pratiques agroécologiques éprouvées, les communautés rurales peuvent améliorer durablement leurs rendements. Pour l’ingénieur Audry Mbala la modernité agricole ne passe pas uniquement par des technologies complexes : elle repose souvent sur un retour raisonné aux savoir-faire locaux, combiné à une rigueur associative et un désire d’aller de l’avant.
Cette activité a bénéficié du soutien précieux de l’Initiative des Droits et Ressources (RRI), rendu possible grâce à l’appui généreux de l’Ambassade de Suède en RDC, ainsi qu’à la collaboration de la CONAREF.
Petite vidéo des activités :
Par Audry Mbal