Les femmes de Seke-Banza mobilisées sur leurs droits fonciers et l’accès à la terre par le projet SIF CTIDD

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Les femmes de Seke Banza mobilisées sur leurs droits fonciers et l’accès à la terre par le projet SIF CTIDD (1)

Les femmes de Seke-Banza mobilisées sur leurs

Seke-Banza, 30 avril 2026 – Dans le cadre du projet d’appui aux droits fonciers communautaires à travers le système d’information foncière (SIF) pour l’amélioration des moyens de subsistance et le climat, le Centre des technologies innovatrices et le développement durable (CTIDD) a organisé, ce jeudi, une activité de sensibilisation et de mobilisation des femmes de la cité de Seke-Banza et des villages environnants. L’objectif était clair : outiller les femmes sur leurs droits fonciers et les réformes en cours, tout en présentant les avancées du projet SIF.

Tenue à la salle culturelle du collège Marie-Louise de Meester, cette rencontre a rassemblé un large éventail de participantes, issues des organisations de la société civile, des églises, de l’administration foncière et territoriale, ainsi que des femmes agricultrices, des enseignantes et des leaders communautaires venues des localités de Yila, Kinyala 1, Tsanga et d’autres villages proches.

 

Une ouverture placée sous le signe de l’inclusion

L’ingénieur Audry Mbala, assistant technique du CTIDD et personne ressource du projet, a ouvert l’atelier en rappelant l’importance de cette activité dédiée aux femmes.

« Le projet SIF vise l’inclusion de toutes les parties prenantes, et particulièrement les femmes, souvent exclues des instances de décision sur la terre. Cette activité leur est entièrement consacrée pour faciliter leur compréhension du projet et leur participation active », a-t-il souligné.

Après un tour de table interactif où chaque participante s’est présentée, l’ingénieur Mbala a dressé un bref portrait du CTIDD. Cette ONG congolaise de recherche et de mise en œuvre de projets, créée en 2010 et présente à Kinshasa, Mbandaka, Kananga et bientôt au Kongo Central, milite pour la promotion des technologies innovantes et la gouvernance durable des ressources naturelles, avec un accent particulier sur les droits des communautés locales et des peuples autochtones.

 

La réforme foncière : une avancée majeure pour les femmes

L’un des temps forts de la matinée fut la présentation de la réforme foncière par l’ingénieur Audry Mbala. Revenant sur le contexte ayant conduit à l’adoption de la nouvelle loi dite « N’Sele » (2025), il a expliqué les innovations majeures par rapport à l’ancienne loi de 1973.

Parmi celles-ci, la reconnaissance encadrée des droits coutumiers, la suppression de la propriété privée du sol au profit d’un régime de concessions, et surtout, l’article 56-2, qui a suscité un vif intérêt :

« Les us et coutumes qui restreignent l’accès de la femme, des jeunes et des mineurs à la terre sont prohibés. »

Un extrait longuement applaudi par l’assistance, qui y voit une avancée légale décisive pour des générations de femmes agricultrices souvent spoliées de leurs récoltes ou de leurs parcelles.

 

Comment sécuriser ses droits fonciers ?

Le chef du bureau de la brigade cadastrale du secteur de Bundi, M. Guylain Ngulu, a ensuite pris la parole pour détailler, de manière pratique, la procédure de sécurisation foncière. Il a présenté les types de concessions (perpétuelle, ordinaire, emphytéose) et a insisté sur une obligation légale souvent méconnue : celle de mettre en valeur son terrain.

« La loi exige que vous utilisiez activement votre parcelle : construire, cultiver, installer une activité, ou au moins délimiter visiblement votre terrain. Un terrain vide est un terrain vulnérable », a-t-il averti.

Il a ensuite détaillé les étapes clés : obtenir une fiche parcellaire auprès de la brigade foncière de Bundi, se rendre à la circonscription foncière pour obtenir un numéro cadastral, puis le certificat d’enregistrement ; le titre définitif.

Face aux craintes exprimées par plusieurs femmes sur les coûts de ces procédures, la cheffe de secteur de Bundi, Mme Binda Dodo Charlotte, a pris la parole pour rassurer l’assemblée : « Commençons simplement par l’ouverture du dossier et l’obtention de la fiche parcellaire. Avançons pas à pas. Et surtout, entretenez de bonnes relations avec vos voisins : leur témoignage peut être précieux en cas de conflit. »

 

Le projet SIF : une réponse concrète aux problèmes du territoire

La seconde partie de la matinée a été consacrée à la présentation du projet « Appui aux droits fonciers communautaires à travers le Système d’Information Foncière (SIF) », dont l’objectif en 2026 dans sa phase 2 est d’identifier et sécuriser près de 33 000 hectares de terres communautaires dans trois groupements du secteur de Bundi (Seke-Banza, Nlamba et Mongodolo).

Le projet vise également à renforcer les capacités de la circonscription foncière locale, à améliorer la sécurité alimentaire de 200 ménages, et à accroître durablement les rendements agricoles grâce à des intrants et outils aratoires.

 

Des témoignages poignants et une note d’espoir

Les échanges ont permis aux femmes d’exprimer leurs réalités quotidiennes. Mme Souzane, enseignante et agricultrice, a livré un témoignage poignant :

« Nous cultivons un champ pendant des mois, et au moment de la récolte, une autre personne vient et prétend avoir loué le terrain. Nous subissons aussi des conflits parcellaires : vous achetez une parcelle, et les ayants droit la revendent à quelqu’un d’autre. Nous avons besoin de régularisation ! »

En réponse, la cheffe de secteur Bundi, Mme Binda, s’est réjouie de l’impact attendu du projet SIF : « Je suis heureuse, car grâce à ce projet, il y aura une régularisation entre les ayants droit et les chefs de famille. Les conflits avec les acquéreurs diminueront. »

Clôturant l’atelier, Merveille Umba, point focal du CTIDD à Seke-Banza, a insisté sur la nécessité de telles initiatives exclusivement féminines :

« Les femmes jouent un rôle central dans le foyer et l’éducation des enfants. Or, lors des activités mixtes, les hommes parlent souvent plus, et l’information peine à circuler entre femmes. Cette rencontre leur permet de s’approprier pleinement le projet et la réforme. »

À l’issue de la rencontre, les participantes sont reparties non seulement informées, mais aussi outillées pour faire valoir leurs droits, avec la ferme intention de transformer ces acquis en actions concrètes sur leurs terres dans les jours avenirs.

Cette activité a bénéficié du soutien précieux de l’Initiative des Droits et Ressources (RRI), rendu possible grâce à l’appui généreux de l’Ambassade de Suède en RDC, ainsi qu’à la collaboration de la CONAREF.

 

Les femmes de Seke Banza mobilisées sur leurs droits fonciers et l’accès à la terre par le projet SIF CTIDD (1)
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Les femmes de Seke Banza mobilisées sur leurs droits fonciers et l’accès à la terre par le projet SIF CTIDD (4)
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Les femmes de Seke Banza mobilisées sur leurs droits fonciers et l’accès à la terre par le projet SIF CTIDD (3)
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Par audry mbal

 

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