Kongo Central : les acteurs provinciaux échangent sur la gouvernance foncière et le SIF rural

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Kongo Central : les acteurs provinciaux échangent

Les acteurs institutionnels, techniques, judiciaires, coutumiers et de la société civile du Kongo Central ont pris part, du 21 au 22 mai 2026 à Matadi, à un atelier d’information et de mobilisation autour de la réforme foncière et du Système d’Information Foncière (SIF) rural. L’atelier, organisé par le Centre des Technologies Innovatrices et du Développement Durable (CTIDD) avec l’appui de la Commission nationale de la réforme foncière (CONAREF) et du ministère provincial des Affaires foncières, a été lancé par le directeur de cabinet du ministre provincial des Affaires foncières.

 

Durant deux jours, dans la salle Vuvu-Kieto, les autorités provinciales, experts fonciers, représentants de la justice, chefs coutumiers, services techniques et membres de la société civile ont échangé autour des enjeux liés à la réforme foncière en République démocratique du Congo.
​L’atelier s’inscrit dans le processus national de réforme engagé depuis 2012 afin de moderniser la gouvernance foncière, renforcer la sécurité juridique des terres et réduire les conflits fonciers, aussi bien en milieu urbain que rural.

​Dans son intervention, Jacques Dibemba, expert de la Commission nationale de la réforme foncière (CONAREF), a rappelé que cette réforme a déjà permis l’adoption de plusieurs outils importants, notamment le Document de Politique Foncière Nationale ainsi que la loi n°25/062 du 30 décembre 2025 modifiant et complétant la loi foncière de 1973. ​Selon lui, l’objectif de ces travaux était de vulgariser cette nouvelle loi et d’accompagner sa mise en œuvre à travers le Système d’Information Foncière rural.

​« Nous sommes venus expliquer comment le gouvernement entend sécuriser les terres des communautés locales afin qu’elles profitent à la population, aux provinces et à l’État », a-t-il déclaré.

​L’expert a également souligné que plusieurs conflits fonciers continuent d’affecter différentes zones du pays, notamment les conflits de limites, l’accaparement des terres et les litiges liés à l’occupation des espaces ruraux.

 

Cartographie participative à Seke-Banza

​Pour le Centre des Technologies Innovatrices et du Développement Durable (CTIDD), organisateur de l’atelier, cette rencontre devait aussi permettre aux acteurs provinciaux de mieux comprendre les innovations apportées par la réforme foncière. Le directeur exécutif du CTIDD, Trésor Bonzembo, s’est dit satisfait de la mobilisation enregistrée pendant les travaux.

​« Nous avons reçu la participation des autorités provinciales, des services fonciers, des avocats, des acteurs de la société civile et des chefs coutumiers. Les échanges ont été riches et les acteurs ont montré un réel intérêt pour les innovations apportées par la réforme foncière », a-t-il affirmé.

 

Il a expliqué que le projet mené par le CTIDD dans le territoire de Seke-Banza vise notamment le renforcement des capacités des services fonciers à travers la cartographie participative, la délimitation des terroirs et la numérisation des archives foncières. Selon lui, cette démarche permettra d’amender la gestion des informations foncières dans une province confrontée à plusieurs conflits liés aux terres. Le responsable du CTIDD a également annoncé la poursuite des activités de terrain avec un objectif de délimitation de plus de 33 000 hectares dans les zones concernées par le projet.

​Présent à l’atelier, Jules Benga, président du Cadre de concertation de la société civile, a pour sa part insisté sur la nécessité d’appliquer effectivement les textes légaux afin de réduire les conflits fonciers dans la province.

​« Beaucoup de territoires sont touchés par les conflits fonciers. La nouvelle loi peut aider à résoudre ces problèmes, mais il faut aussi que les autorités prennent leurs responsabilités dans l’application des décisions et des sanctions », a-t-il indiqué. Le représentant de la société civile a également plaidé pour l’extension du projet à d’autres territoires du Kongo Central confrontés aux mêmes difficultés.

 

​Dans le communiqué final lu à la clôture des travaux, les participants ont recommandé la poursuite de la vulgarisation de la réforme foncière, le renforcement des capacités des services techniques, l’amélioration de la transparence dans la gestion des données foncières ainsi que la mise en place de la CONAREF Kongo Central.

​Les participants ont également insisté sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre autorités publiques, services techniques, chefs coutumiers et société civile afin d’assurer une gestion plus efficace et apaisée des terres dans la province.

Par Wallytride Lumputu disponible aussi sur : https://kongomedia.cd/2026/05/23/kongocentral-les-acteurs-provinciaux-echangent-sur-la-gouvernance-fonciere-et-le-sif-rural/

 

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